xstinglucyx

Sang et semence se mêlent à mon encre. C'est au rythme de mon c½ur que battent mes mots.

    À ceux que ça peut intéresser j'ai remis en ligne ou en blog secret tous mes articles (22/06/2017)

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Amour et Crime ~ Lequel des deux survivra ? 02/01/2016

Amour et Crime ~ Lequel des deux survivra  ?
Amour et Crime ~ Lequel des deux survivra  ?

[ STATUT : NON CORRIGE ]
 
 
Dans l'amphithéâtre de la fac Standbrige, si réputé pour ses cours de littérature, le silence régnait alors qu'un professeur, seulement âgé d'une vingtaine d'années, entra dans la salle et se dirigea vers le tableau où il écrivit et souligna avec insistance un simple mot : L'ennuie.

« Jean GIONO, un jour a dit – et je cite – ''L'homme est un animal avec une capacité d'ennuie. [ ...] De là, la création de tous les vices, de là, la création de tout ce que vous pouvez imaginer, de là, les crimes, parce qu'il n'y a pas de distraction plus grande que de tuer ; c'est admirable ; la vue du sang est admirable pour tout le monde. Lorsqu'un homme se fait écraser par un autobus, tout le monde s'agglutine autour. Et sur les cinquante personnes qui s'agglomèrent autour du blessé ou du mort, il y en a deux ou trois qui lui portent assistance, mais les autres se précipitent pour regarder, pour voir.  Et jamais on éprouve plus grand plaisir qu'à tuer. C'est ça la grande distraction. Il y a des quantités de gens qui désirent tuer.'' »


Après avoir lu ce passage, il leva la tête vers ses élèves et pointa du doigt l'un d'entre eux.

 
« Levy. Que penses-tu de cet extrait ?

-      Je ne suis pas d'accord. Il est vrai que tout le monde s'est déjà ennuyé. Mais de là à utiliser l'ennuie comme prétexte pour commettre un crime est impensable.

-      Hmm... C'est un point de vue à défendre. Lucy ?

-     Et bien si nous parlons du sens étymologique du terme, ce texte n'a aucun sens. Après, si nous parlons de la recherche vaine du plaisir et des sensations fortes, il est surement vrai que tuer doit être une grande source d'adrénaline... Enfin, j'imagine. Personnellement, je pense que c'est plutôt gravir l'interdit qui paraît être amusant.

-     Pas exactement, dit-il simplement avant de marquer une pause, Vous êtes des futurs écrivains pour la plupart. Vous devez être capable de vous mettre dans la peau du personnage. Imaginez-vous enlever la vie d'un autre. Comment vous sentiriez vous ? »


Il soupira face aux regards ahuris des élèves. Après quelques instants, il se dirigea vers son bureau et plaça sa sacoche sur la table, un sourire espiègle collé aux lèvres.
 

« Et si je vous lisais l'histoire d'un homme corrompu par l'ennuie ? »
 

Les élèves acquiescèrent et il sortit de son sac un vieux livre poussiéreux dont la reliure de cuire était abîmée. L'état de cet ouvrage n'enchantait guère les élèves et il le voyait bien. Il prit confortablement place sur une chaise et commença son récit.
 

« C'était il y a si longtemps. Une dizaine d'année ou peut-être même une vingtaine ? Pourtant je me souviens si bien de cette nuit-là...

 
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Le regard vide, je me dirigeais vers ma maison. La pluie n'avait jamais été aussi forte. J'ai toujours aimé la sensation de l'eau glissant le long de mes joues, de mes bras, de mon corps. Entendre le bruit incessant des gouttes disparaître dans les flaques infinies. Le froid qui les accompagnait et la plénitude que je ressentais. Et pourtant... Ce soir-là je me souviens que chaque goutte, chaque misérable petite goutte amplifiait ma peine.


Trouille.


Arrivé au seuil de la bâtisse, j'ouvris la porte d'une main tremblante. La maison était vide. Si vide et surtout si sombre. Les couloirs semblaient avoir été engloutis par les ténèbres. Plus j'avançais, plus je m'y enfonçais. L'esprit éteint, je ne pensais à rien. Comment le pouvais-je après ce qui venait de se passer ? Sang. Je m'observais, sentant des hauts le c½ur s'étouffés dans ma gorge. Je détaillais ce visage étonnement calme... Ces vêtements trempés et collants... Ces mains souillées... Frisson. Est-ce vraiment moi ? Les souvenirs de cette nuit me revenaient en flash et pourtant, je n'eu cesse de penser qu'ils ne m'appartenaient pas... Ce n'était pas moi. Ca ne pouvait pas être moi. La nature de l'Homme étant ce qu'elle est, je ne pouvais m'empêcher de continuer à me fixer, combien même le miroir reflétait une image que je tentais de fuir. Honte. Mon visage n'exprimait aucun sentiment, aucune émotion, mais mon c½ur, lui, était prêt à exploser. Désespoir. Plus rien n'avait d'importance. Tout me paraissait délabré. Tout. Du décor à ma propre personne. Seul le rouge semblait faire exception et me riait au nez. Fin. Continuant à dévisager mon visage, je répétais ces petites formules que tout homme a coutume de bourdonner en boucle lorsqu'il tente de se convaincre que tout va bien en situation critique. « Ce n'est pas de ma faute ». Peu importe le nombre de fois que cette maudite phrase au gout amère franchissait le seuil de ma bouche, elle sonnait toujours aussi fausse. Frisson. Plonger dans mes propres pensées, j'entendis une voix. Peut-être était-ce le fruit de mon imagination, peut-être même n'était-ce que l'écho de ma conscience. Tout ce dont j'étais sûr à ce moment-là, c'est que cette voix me détruisait à coup de mots. Folie. Elle me narguait, me frappait à coups tranchants  et s'en réjouissait. Cette voix... Certains diraient qu'elle n'était autre que la voix de la raison. Moi, j'ai toujours eu tendance à penser que c'était le diable personnifié. Après tout... Je devais déjà être damné.  Culpabilité. De quoi parle-t-elle ? Une boule me chatouillait le ventre. Elle me prenait aux tripes et m'empêchait de respirer. La rage qu'elle me faisait ressentir m'embrassait la gorge, empoignait mon c½ur. Les hauts le c½ur devenus trop nombreux me poussèrent à rendre tripes et boyaux. Alors que la tête dans la cuvette, je débectais mon repas du soir, j'espérais évacuer mon stress. Mais, cette gerbe eu l'effet contraire ; elle me rappelait que tout ceci n'avait rien de fictif. Frisson. Regardant les dégâts de son estomac dans les toilettes, je compris le pouvoir de ce sentiment et me promis de ne plus jamais le ressentir. Vidé de toute force, pensant que je ne pouvais tomber plus bas, elle m'attaqua. Encore. Cette même voix. COUP DE GRACE. Elle prononça cette petite phrase, cette toute petite phrase, symbole de l'anéantissement de tous mes espoirs et promesse d'un avenir cauchemardesque : « Tu es un meurtrier ! » Moi, Gerald Fernandes, venait de prendre la vie d'un innocent. Par autodestruction, mon monde venait de se briser.


Trouille.


Oui, trouille. Trouille Viscérale. J'étais effrayé. Non pas par l'acte que j'avais commis.  Non. J'étais effrayé par le frisson de plaisir qui ne m'avait pas lâché un instant. Ce frisson que j'avais recherché toute ma vie. A présent, Tout  n'était plus que nuances de gris et teintes écarlates.
 



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«  Monsieur, je n'ai pas vu le rôle de l'ennuie dans cet extrait, attesta l'une des nombreuses élèves présentent dans l'amphithéâtre.

-          J'y viens, ne t'inquiètes pas, sourit le professeur. »
 

Sautant quelques pages, il reprit sa lecture.

 
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La souffrance que j'avais pu ressentir lors de ma « première fois » fut des plus insupportables. Pourtant, il ne me fallu pas longtemps pour m'habituer à mon nouveau mode de vie. En théorie, il était très simple. Je faisais parti d'une association secrète (que je ne nommerai pas et sur laquelle je ne donnerai aucun détail). On me donnait des missions. Je les exécutais. Vous l'aurez deviné, ces missions n'étaient pas ce que l'on pourrait qualifier de louable. Mais je m'en fichais. Tuer était devenu pour moi, comme une seconde nature. Me demander pourquoi je faisais ça, serait comme demander à un fumeur pourquoi il fume. C'est inexplicable. J'en avais tout simplement besoin.

J'avais 20 ans à l'époque. Je n'étais qu'un homme parmi cinq autres milliards. Sans rêve. Sans ambition. Qui n'avait rien pour lui, que son célèbre nom. Gerald Fernandes. « L'heureux enfant prodige, né de l'union  de la plus grande actrice espagnol et d'un héritier allemand » comme s'amusait à m'appeler les médias. Heureux... L'ai-je déjà été ? J'aurais dû. Surement. Après tout, mes parents m'ont tout offert ; ils étaient aimants et cédaient  au moindre de mes caprices. Je ne devrais pas me plaindre. Certain vivaient dans la misère tandis que moi je voyageais un peu partout dans le monde, sans me soucié que de ma propre personne. Pourtant, j'ai toujours ressenti un creux, un vide dans mon c½ur. Comme s'il me manquait quelque chose.

Exaltation. En tant qu'héritier, en tant que fils, en tant qu'ami, j'ai toujours fait ce qu'on attendait de moi, en espérant que la vie me donnerait quelque chose en retour. Quelque chose de grand. Quelque chose de fou. Quelque chose sans lequel je ne pouvais vivre. Parce que, oui, je ne vivais pas. Je me contentais de respirer, d'observer ce qui m'entourait. D'observer de mes yeux vides d'émotion, ce monde sans couleur. Et je me sentais tellement vieux. Tellement fatigué de cette mascarade. Je ressentais chaque seconde comme une éternité d'attente. Et j'attendais. J'attendais que la vie me sorte de cette torpeur. Qu'elle m'offre ce dont j'ai toujours rêvé. Sensations. Émotions. FOLIE.

Beaucoup s'imaginaient que du fait de ma classe sociale, le monde n'avait de secret pour moi. Après tout j'ai voyagé un peu partout. J'ai reçu la meilleure éducation possible, avec les meilleurs professeurs. Pourtant, au fond de moi je l'ai toujours su; je n'avais rien vu, je n'avais rien connu. Le monde tel que je le percevais n'était que routine et ennuie. J'étais las de ce monde vide de sens. Tous ces gens qui ne recherchent que la réussite sociale. A quoi bon ? Nous allons tous mourir un jour, et face à la mort nous sommes tous égaux. Mais je savais que cette Terre regorgeait d'un secret bien plus grand. Je le savais. Je l'ai lu. Je l'ai ressenti à travers les centaines de pages des livres poussiéreux que je m'amusais à lire depuis mon enfance. Ce secret inaccessible au commun des mortels. LES EMOTIONS. Elles émanaient de ces pages et me transperçaient. Ces milliers... Que dis-je ? Ces MILLIONS de mots palpitants m'envoutaient et coloraient mon monde incolore. Pour mon plus grand malheur, cela ne durait que quelques instants et une fois le livre fermé, le retour à la réalité était brutal. Je retournais dans ce monde hypocrite et ennuyeusement gris.

Certains diront que l'ennuie m'a corrompu. Et c'est le cas. L'ennuie, bien plus qu'une maladie, est une malédiction. La vie est courte dit-on. Pourtant on s'ennuie quand même. Et que le temps déborde quand on s'ennuie. L'ennuie nous guette,  nous poignarde dans le dos; il nous tue sans qu'on s'en aperçoive. L'ennuie est tellement fort. C'est la seule chose que je connaissais. La seule chose que vous connaissez. Car oui ; je ne suis pas le seul à l'avoir côtoyé ; c'est lui qui a inventé les jeux, les distractions, le sexe.

Moi, comme beaucoup d'autre, ai découvert la grande distraction : TUER.  Rares seront les personnes qui me comprendront mais tuer pour moi a été comme une renaissance. Avant de ne commettre l'innommable, je n'étais qu'un cadavre inexistant prétendant être vivant. Paradoxalement, en arrachant la vie d'une personne, la mienne prenait enfin sens. Psychopathe ? Sociopathe ? Je ne le suis pas. Humain ? Oui. Croyez-moi, la vue du sang pour chaque homme est une source de plaisir insatiable. J'en suis la preuve. Vous savez, le taux de meurtrier sur Terre n'a jamais dépassé les 4%. Choquant ? Pas tellement. Beaucoup ? Laissez-moi rire. Pour la sensation que cela procure, j'ai toujours été étonné de ce petit pourcentage. Il doit surement être du aux forces de l'ordre. Enlevez cette barrière et voyez qui ne se damnera pas.

Dans mon cas, je n'avais pas cette préoccupation de me faire arrêter. J'étais les forces de l'ordre. Je l'ai dit plus tôt, j'ai été engagé par une agence secrète pour faire leur sale besogne (De notre temps, même les gens avec les plus belles attentions utilisent les pires méthodes). Un contrat que j'ai signé m'oblige à garder le silence, je n'en dirais pas beaucoup par conséquent. Ce qu'il faut savoir ; c'est qu'on m'a choisi pour mon jeune âge, mon talent (si l'on peut en avoir dans ce domaine) et ma maîtrise. De plus, petit, mon père m'avait inscrit au tir à l'arc, au tir sportif et au self-défense. La précision, le sang-froid, la souplesse et la rapidité sont donc des qualités que j'ai su développer. Si j'ai accepté le contrat, ce n'était pas pour sauver des vies, empêcher des catastrophes ou pour toutes autres nobles causes. J'avais simplement envie de pointer mon arme sur un homme, presser la détente et ressentir ce frisson, ces émotions, cette exaltation au moment où je lui vole ce qu'il a de plus précieux ; la vie. Je ne serai expliquer clairement ce qui m'attirait à gravir cet interdit. Je me sentais, tout simplement puissant, vivant. Mon monde grisé, neutre, commençait à se colorer. Enfin. Peu à peu. Il se colorait, certes, de teintes rouges. Mais il se colorait ; passant d'un gris blanchâtre à un rouge écarlate. Une couleur aux teintes multiples. Une couleur fascinante.
 

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« ... C'est drôle. A ce moment là, je pensais avoir décelé le secret de cette Terre. Ce secret si bien caché que seuls quelques élus peuvent atteindre. Ce secret que j'ai lu. Je peux le dire aujourd'hui : J'étais totalement à côté de la plaque. »
 

Le professeur releva la tête, embrassant du regard la pièce, à la recherche d'une quelconque réaction de la part de ses élèves. Enfin, l'un des élèves aux cheveux teintés de roses leva la main, déterminé.
 

«  Si nous résumions la situation nous dirions donc que cet homme – Gerald, je crois – considère sa vie comme étant vaine et vide de sens. De ce fait il s'ennuie. A la recherche d'émotions ou d'exaltation, il va commettre des crimes ; pensant trouver ce qu'il recherche.

-          Oui Natsu, c'est à peu près ça, souffla le professeur dans un faible sourire »
 

Le rosé semblait satisfait et heureux bien que sa réflexion n'avait rien apporté.
 

« Monsieur, si je puis me permettre, ajouta timidement une élève aux cheveux d'un blanc presque pâle, j'ai eu l'impression de m'identifier à ce personnage. C'est vrai ; je n'ai que 19 ans, et en tant qu'adolescente, je viens de sortir d'une période où l'on cherche notre place dans ce monde et ou l'on se pose des questions sur notre avenir. Je me suis également senti concernée en tant que littéraire puisque c'est vrai que les livres nous font souvent ressentir des émotions que l'on ne connait pas forcément et que nous aimerions ressentir dans notre quotidien. »

 
Le professeur grimaça légèrement avant d'ouvrir la bouche mais aucun mot n'en sorti. Il se retourna vers son bureau, pris des polycopiés avec les noms et les photos des élèves. Après avoir longtemps recherché le nom de la jeune fille, il releva la tête vers cette dernière.

 
« Yukino, c'est bien que tu ai compris que ce texte est universel. Mais serais-tu capable de tuer au nom de cet idéal ?

-          Non. Enfin... Non, je ne pense pas, bafouilla-t-elle surprise. »

 
Satisfait de sa réponse, il sourit.

 
« Mais finalement. Cet ''idéal'' -comme vous dites. Il ne l'a pas atteint. En tout cas pas par le meurtre, constata un rouquin aux lunettes.

-          C'est vrai. Et à votre avis, qu'est-ce qui vas finalement l'approcher de cet idéal ? »
 

Les élèves se turent. Seule la jeune blonde qui s'était exprimé plus tôt leva la main.
 

« Lucy ?

-       L'Amour ? dit-elle hésitante.

-       Oui ! C'est ça, s'exclama avec fougue le professeur en la pointant du doigt, l'Amour. Ah, l'Amour. C'est là qu'on en revient. Toujours. Inlassablement. »

           
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Je me  souviens qu'un jour ma mère m'a demandé si j'étais déjà tombé amoureux. Je crois lui avoir rit au nez. Seulement âgé de 11 ans, je trouvais cette expression absurde. Je ne la comprenais pas. Tomber ? De ce que je lisais dans les romans que mes parents m'offraient, Amour rimait avec Bonheur. « Comment pouvons nous être heureux si l'on souffre ? » Ma mère s'était contentée de sourire face à ma naïveté. A 21 ans, je ne comprenais toujours pas cette expression. Comment le pouvais-je ? Je n'avais encore jamais vraiment aimé. Certes, j'avais eu quelques relations. Sans intérêt cependant.

Les amours d'enfances qui perdurent. Le premier amour inoubliable, plus fort que tout. L'âme s½ur que l'on reconnait au premier regard, aux premières paroles.


BALIVERNES


Pour moi, tout ceci n'était que mythes. Des petites amies, il est vrai que j'en ai eu. Sur le coup, je pensais tenir à ces filles, surement pas comme dans les comédies romantiques que l'on retrouve par millions de nos jours sur internet, mais au moins j'y tenais. « Au fond je l'aime... Un peu » ... Cette phrase, je me la suis répété tant de fois. Je le pensais sincèrement. Ou tout du moins, je l'espérais et tentais de m'en persuader. Histoire de ressembler aux autres. De ne pas être seul. Mais, je me contentais d'être ce qu'on attendait de moi, encore une fois. Le PARFAIT gentleman. Bref, je n'étais pas moi. Et une fois qu'elles rompaient – souvent pour manque d'attention (ce que je ne comprenais pas d'ailleurs) – elles me répétaient toutes, les yeux pleins de larmes : « J'ai besoin d'amour ». Je n'étais surement pas celui qui pouvait leur en apporter. Alors je les laissais partir. Pour toute réponse, je souriais amicalement, parce qu'au final ça ne m'atteignait pas. Je n'ai jamais ressenti le besoin de me battre pour une fille ou pour une femme. Tout du moins pas avant que je ne rencontre la bonne...
 

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«  Ce n'est pas un peu cliché. Je veux dire, le gars en apparence parfait mais impassible, le démon qui se cache derrière l'ange, l'homme qui change au contact d'une femme, c'est tellement prévisible.

-          Oui, il le dit lui-même d'ailleurs. Mais crois-moi, notre vie n'est que cliché. L'originalité ne se trouve pas à tous les coins de rues.

-          Je ne suis pas d'accord.

-          A oui ? Quelle est la marque de ton sac ? »
 

La jeune fille étonnée se tourna vers celui-ci.
 

«  Michael Kors.

-          C'est bien ce que je disais. Cliché. »
 

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Ça pue le cliché à des millions de kilomètre. J'ai presque envie de vomir quand je pense à ce que je suis en train d'écrire. Non pas que je sois macho ou quoi que ce soit – enfin, juste un peu. Je me sens juste ridicule à souhait. Moi qui n'avais aucun scrupule à pointer mon arme sur un innocent, je me suis retrouvé impuissant face à une femme.


ERZA.


Je l'ai rencontré lors d'une soirée huppée. L'une de ces soirées auxquelles je me forçais à afficher une bonne image. Celles où on nous assène de coups de flash à l'entrée. Celles où le port de robes ou de costumes aux milliers de dollars (si ce n'est pas millions) est à la limite de l'exigible. Celles où l'hypocrisie est presque une loi. Je détestais ces soirées. L'atmosphère y était abjecte. Toutes ces personnes qui aimaient se mettre en avant, ces filles qui m'approchaient par intérêt, ces conversations vides de sens... J'ai connu ça toute ma vie, j'y étais donc habitué. Pourtant ce soir-là, chaque mot, chaque rire m'irritait ; j'étouffais. Au bout de dix minutes, durant lesquelles je me forçais à sourire, j'interrompis la fille près de moi - elle me parlait de son chihuahua (enfin je crois) - prétextant vouloir aller aux toilettes. Alors, je me dérobai de cette fête et me dirigeai vers une sortie arrière. Une fois dehors, je me retrouvai dans une petite ruelle sombre et lâchai un soupire de soulagement.
 

-          DE L'AIR, MERDE !!
 

Ni une, ni deux, j'arrachai ma cravate, déboutonnai le haut de ma chemise, la sortis de mon pantalon et m'ébouriffai les cheveux. Les médias aurait adoré retourner cette image contre moi. D'un geste déterminé, je sortis mon paquet de cigarettes, en allumai une et au moment où je la posai sur le creux de mes lèvres, je me sentis libéré. Affalé contre un mur, je tirai une taffe avant de former un O de mes lèvres, laissant ainsi échapper la fumée.
 

-          Putain, ce que ça fait du bien...

-          Charmant.
 

A l'entente de cette voix, je sursautai. Une fois tourné vers elle, je découvris une fille un peu plus jeune que moi. Je me redressai et tentai d'adopter un beau sourire et une posture convenable. Elle pouffa de rire face à ma réaction.

 
-          A quoi tu joues au juste ? Tu n'es pas crédible, du tout.

-    J'abandonne, me contentai-je de dire en reprenant ma posture initiale, lâchant un souffle d'exaspération ; j'étais crevé.

 
Elle ne parla plus, laissant place à un silence assez gênant. J'aurais peut-être dû entamer une conversation, mais n'en fis rien et me contentais de la détailler. Malgré la pénombre, je pouvais distinguer la gracieuse silhouette que sa robe bleue laissait entrevoir, un regard pénétrant et une chevelure ébouriffée flamboyante. Je ne savais pas encore à quel point le rouge de ses cheveux était pure. Un rouge envoûtant, attrayant. Comparable à un couché de soleil. Je baladais mes yeux le long de sa silhouette, tout en jouant de la fumée qui s'échappait de mes lèvres. Alors que je les posais une nouvelle fois sur ses yeux, ces derniers me fixèrent. Ils me fixaient avec une telle intensité, me défiant presque. Je plongeais mon regard dans le sien quand un frisson me parcouru le corps. Une simple pensée : Méduse. Je détournai les yeux, persuadé qu'elle me pétrifierait, ce qui la fit rire. Il était beau son rire. Jovial, sincère. Adorable. J'aurais voulu qu'il perdure éternellement.
 

-        Je ne vous ai jamais vu à ce genre de soirée.  Généralement on y retrouve toujours les mêmes têtes, lançais-je pour briser le silence.

-        Tu me vouvoie ? sourit-elle amusée.

-        Ainsi sont les convenances, madame.
 

Elle hocha la tête sans lâcher son sourire.
 

-          Vous ne m'avez pas répondu.

-          On m'y a accompagné.

-          Je vois. Et vous aimez ?
 

Une tension subsistait entre nous. Une tension palpable. Elle finit par grimacer en écartant la fumée devant elle.
 

-          Pas spécialement. Les gens de votre milieu ne sont...
 

Elle marqua une pause, cherchant l'expression adéquate.
 

-          Qu'hypocrisie, mimant de grand geste.

-          De notre milieu ? riais-je faussement choqué.

-          Cependant, j'avoue n'avoir jamais goutté de gâteaux aussi succulents.
 

Je souris. Mon premier sourire sincère depuis le début de la soirée. Elle avait tellement raison. Je vivais dans un monde où seules les apparences primaient. Nous continuâmes à parler. Avec elle, c'était facile, naturel. Elle n'avait pas de manière, elle était franche et n'attendait rien de moi - c'est surement ce qui m'a plu chez elle. Alors qu'elle me parlait de son anniversaire (car ce jour-là à une heure du matin très exactement ; elle allait avoir 18 ans), je la regardais, sans vraiment la voir. M'interrogeant sur elle, me demandant pour quelle obscure raison je me permettais de fumer face à elle. Pourquoi je me permettais d'être moi ? Après tout je portais constamment un masque. Même face à celle qui m'avait mit au monde. Elle s'arrêta de parler et me regarda d'un air sérieux. Elle semblait fixer le tatouage sur mon visage. Gênée, elle finit par détourner le regard.
 

-          Il n'a pas de signification particulière.
 

Elle me regarda en fronçant les sourcils, intriguée.
 

-        Mon tatouage. C'est ce que tu voulais savoir, non ? C'est ce que tout le monde veut savoir.

-        Tu m'as tutoyé ! dit-elle un grand sourire au visage.
 

Je souris. Elle disait vraiment tout ce qu'elle pensait. Sans aucun filtre.
 

-         Pourquoi avoir marqué ta peau à vie, si ça n'a aucun sens ?

-         Je ne sais pas. Je me pose souvent la question moi aussi. Tu sais généralement les gens le font pour raconter une histoire. Je pense l'avoir fait justement parce que je n'ai aucune histoire à raconter.

-    Waw. C'est très philosophique. J'aurais aimé avoir un tatouage, moi aussi, dit-elle simplement.
 

Après avoir réfléchi quelques instants, elle finit par lâcher ;
 

-          Il représenterait mon chien.

-          Tu sais que t'es bizarre comme fille, avouais-je en fronçant les sourcils.

-          Merci, sourit-elle de toutes ses dents.
 

Elle me regarda longtemps. Droit dans les yeux, sans ciller. Je ne sais pas ce qu'elle pouvait y lire – peut-être à quel point elle était magnifique – mais ça semblait la fasciner. Puis elle me sourit. Chaleureusement.
Comme elle le fit durant les quelques années qui suivirent d'ailleurs.
 

-          Erza.
 

Je fronçais les sourcils.
 

-          Erza Scarlett. C'est mon nom.

-          Enchanté... Erza, souris-je
 

Son prénom sonnait si bien dans ma bouche. J'aurais pu le crier sans arrêt. J'aurais voulu le crier sans arrêt. Plus tard, j'appris qu'il signifiait vent léger de printemps. Ironique. Erza n'était pas une petite brise qui vous chatouille légèrement. Non, c'était bien plus que ça. C'était une tornade. La tornade qui a chamboulé ma vie.
 

-          C'est  un beau prénom. Pourquoi celui-ci ? Tu as des origines françaises ?

-          Non. C'est juste un prénom original, plaisant.

-          Moi c'est –

-          Je sais qui tu es, sourit-elle, Gerald Fernandes. Je crois savoir que c'est allemand.

-          Tu crois bien.
 

J'appréciais sa compagnie. Sincèrement. Je ne pensais plus à rien. Ni aux missions que je devais accomplir le lendemain, ni aux apparences que je devais perfectionner face aux médias, à ma famille, à mes « amis ». Je ne dirais pas non plus que ce fut un coup de foudre. Aujourd'hui encore, je n'y crois pas. C'était juste une personne avec qui je me permettais d'être moi, Gerald et non pas Gerald Fernandes – chose supposée être normal pour n'importe quelle autre personne. Alors que nous nous moquions de la fête qui avait lieu juste à côté, la porte s'ouvrit dans un fracas sans nom – 9 – et je remerciai Dieu d'avoir jeté ma cigarette quelques secondes auparavant. – 8. D'un geste furtif, je remis mes cheveux en place. 7. Lorsque je me tournai vers la personne qui venait de sortir, je remarquai un jeune homme blond, un peu saoul. 6.
 

-          Erza ! Viens, le décompte a commencé !

 
5. Elle se dirigea vers lui, en me regardant, me lançant un petit salut avant de se détourner de moi et je la contemplais s'en aller avec comme fond musical le décompte en question.
 

                        4... Des voix, des cris ...
                                3... Un dernier regard.
                                        2... Un dernier sourire.
                                               1... Une dernière parole :
 

-          ERZAA ! m'écriais-je.
 

Elle me regarda surprise.
 

-          Bonne Année, finis-je par dire, en la remerciant du regard.

-          Bonne Année... Gerald, répondit-elle en m'offrant un clin d'½il.
 

Et elle s'en alla, me laissant avec pour seul compagnon le froid. N'ayant plus aucune raison de rester, je décidai de retourner à l'intérieur après avoir remis mon costume en place. Il ne me fallut pas longtemps pour me faire remarquer. Les filles venaient presque à l'abandon, m'assaillant de question en tout genre. Et je la remarquais au fond, parlant, riant avec son ami. Pour la première fois, je la voyais à la lumière. Brillante. Rayonnante. J'étais comme hypnotisé par la couleur de ses cheveux. Je l'observais s'amuser sans qu'elle ne me voit. Je me souviens d'ailleurs d'un sentiment étrange. Surprenant. Nouveau. Cruel mais plaisant.

J'aurais pu en rester là. La laisser partir. Ne plus jamais la revoir. J'aurais peut-être dû. Surement. Mais mon corps n'était pas d'accord. Je me dirigeai vers elle d'un pas déterminé, sous le regard interrogateur des filles que je venais d'abandonner. Une fois face à elle, elle semblait surprise.

00 :47
 
-          Ça te dit un tatouage pour tes 18 ans ?
 

Elle sourit avec malice.
 

-          J'ai cru que tu ne me le proposerais jamais.
 

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« Ainsi, pendant plus d'une cinquantaine de pages l'auteur parle de leur relation. Il nous raconte toutes leurs premières fois. Leur premier rencard... »
 

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Elle regardait, les yeux écarquillés, la table que j'avais préparée spécialement pour elle. Des bougies, des chandelles, du champagne, une rose, un repas encore chaud. J'avais tout fait par moi-même. Pour une fois. J'étais prêt à tout pour l'impressionner.
 

-          Je croyais que tu n'étais pas romantique, sourit-elle.

-          Je croyais que tu voulais que je t'impressionne...
 

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« ... Leur premier baiser... »

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Elle pressa ses lèvres contre les miennes. Tendrement. Sans que je ne m'y attende. Elle passa ses mains dans mes cheveux pendant que, des miennes (dans son dos), je la soulevais doucement. C'était un baiser emplit de tension. Un baiser fragile. Une promesse qui pouvait se rompre à tout moment. Je souris contre ses lèvres, avant de les mordiller légèrement.
 

-          Mademoiselle Scarlett, vous embrassez divinement bien.

-          Vous n'êtes pas mal non plus Monsieur Fernandes.

 
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«  ... La première fois qu'elle vint chez lui... »


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-          C'est quoi ça ? dit-elle confuse.

-          Des lunettes de soleil pour chien, répondis-je honteusement.
 

Elle pouffa de rire et resta ainsi pendant quelques minutes puis finit par se calmer.
 

-          Des lunettes de soleil pour chien ? Elles t'ont couté combien ?

-          2000 dollars... avouai-je doucement

-          2000 dollars ?!
 

Puis elle reprit de plus belle. Son rire était tellement mignon que je ne pus m'empêcher de la suivre.
 

-          Maintenant demandes-moi si j'ai un chien.

-          Est-ce que t'as un chien ? demanda-t-elle déjà prête à reprendre son rire.

-          Non, avouais-je le nez dans mon verre de vin, je n'en ai jamais eu.

 
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« ... Leur première dispute... »


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Un fraisier. Un putain de gâteau à la fraise. Voilà la raison de notre première dispute. Elle était tellement énervée qu'on aurait dit que j'avais enclenché la troisième guerre mondiale. Pour elle c'était le cas. Personne n'avait le droit de toucher à ses fraisiers. Personne. Je souriais parce qu'au fond, je trouvais ça mignon qu'elle s'énerve pour si peu. Brusquement, je la vis se diriger vers le salon. Je perdis instantanément mon sourire quand je vis ce qu'elle menaçait de jeter par la fenêtre. Mon mini-disc. Par reflex, je mis mes mains face à elle et avançai doucement, surement, pour ne pas la brusquer.
 

-          Non, non, non. Erza. Tu n'oserais quand même pas...

-          Tu crois ? me défia-t-elle du regard en arquant un sourcil.

 
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« ... Leur première réconciliation... »


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-          Aller... Je suis désolé, promis j'y toucherais plus, tentais-je tant bien que mal.
 

Elle ne répondait pas et restait la tête sur l'oreiller. Dos à moi. Je commençais alors à l'embrasser sur le front, dans le cou, le long de ses bras. Aucune réaction. Je n'avais plus le choix. J'utilisai son point faible contre elle : Les guili-guili. Elle ne tint pas longtemps avant d'éclater de rire et par la même occasion de me pardonner.
 

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« ... Leur première relation sexuelle (que je ne lirais à mes élèves) etc. Enfin bref, il commençait à s'attacher à Erza. Il nous la présente comme une fille drôle, franche, loyal, maladroite, gourmande trop bavarde lorsqu'elle est gênée ou sous tension. Chiante par moment mais attachante... »


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-          Il est mort quand j'avais 5 ans.
 

Alors que nous étions tranquillement assis sur le canapé, sa tête sur mes épaules et mes mains dessinant des cercles invisibles sur la lettre G gravée sur son poignet, elle se releva brusquement.
 

-        Oh mon dieu... Je suis désolée, je ne savais pas. En même temps, tu ne me l'as jamais dit. C'est bon, j'arrête de te poser des questions. Je comprends que tu ne veuilles pas en parler. Non pas que j'ai déjà vécu ça, tu sais bien que je n'ai jamais perdu de proche. Enfin, j'ai quand même perdu mon grand oncle. Quoique ça ne soit pas pareil. J'étais bien trop jeune pour m'en souvenir. J'ai perdu mon chien aussi. Tu étais la de toute façon quand ça s'est passé...

-         Erza.

-         Sauf que ce n'est pas comparable du tout. Mais bon, je sais que ça fait mal surtout quand on est petit parce que du coup on a comme un manque. Enfin, j'imagine. Et...

-          Erza.

-        Eeeet, je m'enfonce. Je devrais vraiment apprendre à la fermer, dit-elle marquant une pause afin de souffler. Oh, je suis désolée, ajouta-t-elle en cachant son visage de ses mains.

-          Erza, lui dis-je en lui tirant délicatement les bras, à la recherche de son regard.

-          Oui ? demanda-t-elle gênée.

-          Je rigolais.
 

Presque immédiatement elle rougit, ce qui eu le don de me faire rire. Elle prit le premier oreiller sous sa main et m'assailli de coup avec, m'insultant de tous les noms.

 
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«  ... Ce qu'il appréciait chez elle c'était également le fait que, contrairement à lui, elle ait une histoire. Un passé. Erza était une femme forte. Certes. Mais elle n'en restait pas moins fragile. C'était une femme blessée... »


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-          Tu sais très bien que ça fait bien longtemps que je ne suis plus capable de pleurer.


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« Mais comme dans tout couple, il y a des hauts et des bas. Pendant près d'un an de relation, il lui mentait. Et oui, comment pouvait-il lui avouer que son passe-temps était de tuer des gens. Elle l'aurait fuit. Plusieurs fois, il a pensé à quitter son « boulot » mais en été incapable. »


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-          GERALD ! s'écria Erza
 

Mes mains se baladaient sur le piano du salon, créant ainsi de belles symphonies quand la voix d'Erza m'interrompit. Je me relevai, arrêtant mes activités, et me dirigeai vers la chambre d'où elle provenait. Une fois près d'elle, SURPRISE. Elle tenait dans sa main droite un revolver de plomb. Qu'est-ce que c'est que cette blague ?!
 

-          Erza ? Qu'est-ce que tu fais ? demandai-je surpris.

-          C'est à moi de te poser cette question ! Pourquoi tu cache un pistolet dans ton placard ?
 

Merde. Ce fut ma seule pensée. Merde. Ne sachant comment réagir, je ne réfléchis pas et sortis la première excuse qui me vint à l'esprit.
 

-         C'est pour mes cours de tir sportif, tentais-je hésitant.

 
Elle n'a pas essayé d'en savoir plus, se satisfaisant de cette explication. Je remerciai Dieu qu'elle ne sache pas qu'au tir sportif, les armes utilisées n'étaient pas aussi professionnelles.
 
 
  

 
Bizarrement, l'histoire du pistolet m'avait perturbé. Pendant plus d'un mois, cet épisode tournait en boucle dans ma tête. J'avais commencé à faire des rêves – plutôt des cauchemars – assez bizarres. Toujours le même.

 
 

Je la voyais, elle, Erza. Elle me souriait, riait, comme à son habitude. Elle était là, se baladant sur la plage, les cheveux au vent. Je les touchais, les effleurais du bout du doigt. Ils étaient soyeux, doux... Et puis rien. NOIR. Je ne les sentais plus. Ils n'étaient plus là. Elle n'était plus là. Je regardais autour de moi. Panique. Je ne la voyais plus. Je tournais, je tournais. ROUGE.  Du rouge ? Je souriais. « Erza» laissais-je échapper dans un soupire de soulagement. Déception. Ce n'était pas un rouge pure. Ce n'était pas le rouge de ses cheveux. Non. Ce n'était pas Erza. Du sang. Du sang partout. Sur mes mains tremblotantes, sur le sable fin, sur mes vêtements, sur l'arme qui venait soudainement d'apparaître dans mes mains... Partout. Partout. Et là.... 
 

FOLIE.
SOUVENIRS.
FIN.
 

Des cheveux souillés. Je la vis. Inerte. Au sol......................................................................... Morte.

 
 

Frayeur. Je ressentais ça tous les matins après avoir fait ce genre de rêve. Ça commençait à me peser. Il fallait que je lui révèle tout. J'en avais besoin. Pour me libérer de ce poids. Je ne pouvais pas lui cacher éternellement les appels mystérieux auxquels j'étais obligé de répondre alors que nous dînions, la raison pour laquelle j'arrivais souvent en retard à nos rendez-vous, ou encore la vérité derrière mes sois-disons insomnies qui devenait trop nombreuses à son goût – au point de vouloir m'emmener chez une psychologue... Sans compter le fait que ma profession la mettait en danger. Alors j'ai tenté de lui révéler. Plusieurs fois, même. Mais en vain. Je ne pouvais me résoudre à tout lui avouer et qu'elle me voit différemment, qu'elle me voit comme un monstre. Qu'elle me voit tel que je me voyais moi : Un être sans c½ur, sans âme.
 
On avait vécu presque un an ensemble. Je me suis surprit à plusieurs reprises m'imaginer un avenir à ses côtés. Aujourd'hui, je peux le dire enfin, j'étais totalement mordu. J'étais l'homme le plus heureux en sa présence, mais sans elle je n'étais qu'une plaie béante ; souffrant de son absence, me demandant à quelle heure elle rentrait, avec qui elle était, ce qu'elle faisait et quand est-ce que j'allais enfin pouvoir la revoir. Des pensées qui contrastaient grandement avec mes habitudes de macho. Et j'ai fini par comprendre que je l'aimais, sans jamais pouvoir le lui dire. Ou tout du moins : Pas assez tôt.
 
Malgré tout je lui mentais.
S'imposait un choix. Un choix crucial. Je devais choisir entre elle et l'association. Je devais choisir entre me réveiller le matin aux côtés de sa chevelure flamboyante ou m'endormir la nuit avec la crainte d'avoir encore du sang sur les mains.
 
Vivre avec elle et me racheter une conduite ou continuer à me damner sans elle à mes côtés.
 
J'avais choisi la voie du sang.
ERREUR. J'aurais tant aimé ne pas avoir eu à faire ce choix. Après tout, l'humain est faible. Je suis faible. L'humain est égoïste. Je suis égoïste. Lorsqu'il est libre de choisir, il fait toujours le mauvais choix. J'ai fait le mauvais choix.
 
Pourquoi ? Je ne sais pas. J'étais jeune. J'étais con. J'avais appris au près d'elle à aimer le quotidien. Mais je l'ai abandonné. Par pure égoïsme. Ou peut-être par peur de l'engagement. Je n'en sais rien. J'étais fier et imbus de moi-même. Alors le choix s'est fait de lui-même. Franchement, entre l'action et la romance, quel homme ne choisirait pas l'action ?
 

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« Après ça, il a cherché à rompre. A de multiples reprises. Mais n'a jamais réussit. Elle ne lui en laissait pas l'occasion, ou il ne trouvait pas les mots. Il refusait de la voir triste et surtout il ne voulait pas qu'elle lui pose ces questions auxquels il ne pourrait répondre : pourquoi ? Alors il a trouvé une solution ou plutôt un prétexte pour qu'elle rompe avec lui. Horrible, cruel certes. Mais facile. »
 

Le professeur appuya son regard sur l'élève le plus proche de lui.
 

« Il l'a trompé, ajouta-t-il en accentuant chaque mot. »
 

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- Tu ne vas pas me retenir ?

 
Je ne répondis rien me forçant à garder un regard dur, blessant.

 
- Je sais que tu tiens à moi. Je sais que tu m'aimes au fond. Alors, ne me laisses pas. Pas toi. Je suis prête à te pardonner alors s'il te plait, s'il te plait, S'IL TE PLAIT, demandes-moi de rester, m'ordonna-t-elle le regard plein de détresse, tout en frappant contre mon torse.

- Je ne veux pas que tu reste, laissais-je échapper d'une voix que j'espérais assurée, blessante.
 

Ma voix vrillait. Elle sonnait faux. Mes paroles sonnaient faux ; elles étaient fausses. Pourtant, chacun de mes mots semblaient la blesser. Je la blessais.

 
-          Alors tout ça ne représentait rien pour toi ?

-          Ce n'est pas ça...

-       Ce n'est pas ça ?! Ce n'est pas ça ?! Alors pourquoi est-ce que tu m'as – tu m'as trompé merde ! cria-t-elle hystérique avant de marquer une pause pour respirer, G, Dis moi cette petite phrase que j'attends depuis toujours mais qui a pourtant tant de mal à sortir de ta bouche Trois mots, sept lettres et je reste. Dis-le. Dis-le et je te pardonne. Dis-le pour que je reste.

 
Je baissais la tête. Jamais je ne l'avais dit. A personne. Même pas a mon père. Je ne pouvais pas, je ne savais pas pourquoi, mais ça ne voulait pas sortir. Je n'étais tout simplement pas prêt. Et même si je l'étais, je ne l'aurais pas fait. Je voulais qu'elle s'en aille alors je ne disais rien.

 
-          C'est bien ce que je pensais, me dit-elle, le regard emplit d'un dégoût profond.

 
Elle se retourna. Je cru apercevoir une larme sur le coin de son ½il, j'ai du rêver. Erza ne pleurait pas. Jamais. Et puis, je me contentai de l'observer s'en aller loin. Loin de moi.  Et je restais planter sous la pluie, les bras ballant et une fois qu'elle avait disparu dans la brume, une fois qu'elle m'était inaccessible, je m'effondrai. La pluie, mon alliée à une certaine époque, m'achevait, m'offrant à chaque goutte qui me frôlait, un poids insupportable. Insurmontable.
 

-          Je t'aime...
 

C'était la première fois que cette petite phrase franchissait la frontière de mes lèvres. La première fois que je le disais à voix vive. Mais elle n'était plus là.

« Mais il était déjà trop tard. »
 

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« ''Le pire c'est que je pensais qu'en la blessant, je protégeais mon c½ur. La blague. S'il y a bien un conseil que je peux donner aux connards dans mon genre qui s'apprêtent à faire la même connerie que j'ai faite, c'est celui-ci : Avant de ne briser un c½ur, regardes si tu n'es pas à l'intérieur.'' Après cet épisode, l'auteur se retrouve seul, pendant près de deux ans. Il se concentre alors sur sa carrière. »


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DÉPENDANCE.  Etre accro à une chose. Je n'avais jamais ressentit ça. C'était quelque chose de fort. De très fort. Quelque chose que j'appréciais. Quelque chose que beaucoup qualifiaient de mauvais. Moi je trouvais ça enrichissant. Amusant. J'étais accro aux meurtres. C'est – très – bizarre comme phrase mais c'est ce que je ressentais. J'étais accro à la sensation que mon doigt sur la détente suscitait en moi. J'étais à accro au sentiment de puissance qui s'emparait de mon corps. J'en suis même venu à apprécier le bruit sourd qui retentissait après  avoir tirer.

Pourtant, ça faisait longtemps que ça ne m'amusait plus. Je le niais, le cachais, mais l'ennuie me rattrapait. Chaque jour me plongeait dans une monotonie sans nom. Combien même j'enchainais les missions, en demandant toujours plus... Ni frisson. Ni émotion. Ni exaltation. Je ne ressentais plus rien. C'était comme durant mon adolescence. Non, c'était pire. Pire, parce que j'y avais goûté. C'était la même sensation que lorsqu'on mange un gâteau pour la énième fois et qu'il parait sans goût alors qu'avant c'était votre favoris. Pourtant vous ne pouvez vous empêcher d'y re-goûter. En bref, je ressentais un vide, un manque.

Au fond de moi, je savais d'où il provenait – Erza, depuis quand je le ressentais ; depuis que je l'ai laissé partir. Elle me manquait. Terriblement. Je n'ai jamais cherché à la revoir. J'étais un homme fier ; je me voyais mal revenir en pleurant vers elle, la suppliant de rester. Alors j'ai rayé son numéro de mon carnet d'adresse – parce que oui à l'époque on n'avait pas de téléphone portable avec contacts. Après qu'elle ait pris ses clics et ses clacs de mon appartement, je ne lui ai pas demandé sa nouvelle adresse et j'ai déménagé près de la plage dans une des résidences des Fernandes.

C'est vers ces temps là que j'ai enfin compris le secret de notre monde. Ce secret auquel on m'a laissé goûter sans que je le sache et que je n'ai pas su apprécier à sa juste valeur. L'Amour. (Putain, ce que c'est fleur bleu. Je ne me reconnais pas.)

Je l'ai compris en la voyant. Par hasard. J'avais la tête collée à la vitre du train, le regard vide j'observai ces gens – ces moutons j'ai envie de dire – qui s'empressaient de monter dans le train et je la vis elle. Rayonnante, souriante. Heureuse. Je ne voyais plus qu'elle, son sourire toujours aussi sincère qu'auparavant. Ca me blessait de la voir ainsi, de voir qu'elle était passé à autre chose, tandis que moi je ne vivais plus, je ne souriais plus. J'avais mal.

D'un coup, une impulsion me fit réagir. Je voulais la récupérer. C'était peut-être égoïste mais je n'acceptais pas l'idée qu'elle se tienne à quelques mètres de moi, heureuse, riant avec ce qui pouvait être son nouveau petit-ami.

Je l'ai suivi vers ce qui semblait être sa nouvelle maison et j'ai tout fait pour la reconquérir. Pendant près d'un mois je lui ai couru après, sans relâche. Combien même, elle n'était pas prête de me pardonner, je n'abandonnais pas. Je voulais lui montrer que je tenais à elle, que j'étais sincère, que je m'en voulais. Et surtout que je l'aimais. Que je l'aimais comme un fou. Je le lui ai répété et répété jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus. Je lui offrais ces petites attentions que je n'aurais jamais osé adopter. Je me pointais devant chez elle tout les matins et l'obligeais à me supporter tout le long du trajet jusqu'à son école de journalisme. De même le soir. Parfois, je la retrouvais lorsqu'elle étudiait dans un café avant ses examens, mais je me contentais de la regarder, sans qu'elle ne le sache jamais. J'étais même allé jusqu'à donner mon numéro de téléphone à son et sa meilleur(e) ami(e) pour qu'ils m'appellent en cas de problème – ce qui a du arrivé deux ou trois fois. Miliana – sa meilleure amie – m'appelait souvent lorsqu'ils allaient en boite ou à une fête. Je m'y pointais de tant en tant, ça me permettais de me rapprocher d'Erza. Une fois elle m'a carrément sauté dessus et m'a demandé de coucher avec elle. Ce n'était pas l'envie qui manquait mais elle était saoule. Je n'avais aucune envie qu'elle s'adonne à moi dans cet état. Non, je préférais qu'elle soit maitresse d'elle-même. Après tous mes efforts, Erza ne cédait pas. Arrivés quelques moments où elle me laissait croire le contraire, me fixant du regard, m'offrant des clins d'½il, riant de bon c½ur, me souriant chaleureusement, m'étreignant pour me remercier, dansant sensuellement contre moi en boite ou encore m'appelant au téléphone quand elle n'allait pas bien... Mais ces moments étaient trop rares à mon goût. Et j'avais souvent l'impression qu'elle me prenait pour un chien – peut-être en guise de vengeance pour l'avoir abandonné ou peut-être qu'elle ne s'en rendait pas compte. Erza comme je l'ai toujours pensé était une tornade. Lorsqu'elle passe elle décime tout sur son passage : elle a littéralement détruit ma virilité. Arriva alors le moment où j'avais l'impression d'être pris pour un con. Le moment où je décidai de renoncer à elle. Et bizarrement, une semaine plus tard, c'est elle qui vint me chercher, inquiète. Le bonheur nous tombe dessus quand on s'y attend le moins comme on dit.

 
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« J'imagine que c'est là qu'elle finit par lui donner une seconde chance.

-    Exactement Juvia. Ils se remettent ensemble, il abandonne ses activités pour le moins douteuses, l'association et continu ses efforts. Il la fait voyager aux quatre coins du monde, la fait rêvé...

-       Après quoi, ils vécurent heureux pour toujours, se marièrent et eurent beaucoup d'enfants... Merci on connait la chanson. L'amour triomphe du crime et blablabla...

-     Pas exactement. Ils se marièrent, elle tomba enceinte, certes. Mais la vie n'est pas rose, et souvent ce qui est à l'origine de notre bonheur est aussi à l'origine de nos malheurs. »


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La grossesse. Comment est-ce que je pourrais qualifier ça ? Fatiguant. Exaspérant. Déjà qu'en temps normal, Erza avait un fort caractère, enceinte c'était un volcan en ébullition qui menaçait d'exploser à tout moment. Madame ne mangeait plus que des fraisiers. Et attention, il fallait les chercher chez son pâtissier préféré, autrement, elle faisait la grève de la faim. Elle était devenue rancunière, ronchonne et capricieuse en moins de 5 mois. Je vous jure que ça commençait à me taper le système. Putain ce que j'ai souffert de cette grossesse. Souvent les femmes nous disent qu'elles souffrent beaucoup plus que les hommes ; à cause de leurs règles, de la grossesse, de l'accouchement... Nous aussi ont subit tout ça. On doit supporter leurs sautes d'humeurs quand elles ont leurs règles, leurs caprices quand elles sont enceintes et leurs cris quand elles accouchent. Au bout de 6 mois, je commençais à en avoir marre. L'ennuie me rattrapait. Plus le ventre d'Erza grossissait, plus mon ennuie gonflait. J'entrais petit à petit dans la routine et je n'aimais pas ça. Et puis vinrent les questions existentialistes sur les enfants et les responsabilités que j'allais devoir assumer, ce qui me faisait encore plus peur. J'en venais même des fois à quitter la maison pour aller dans un bar. Au bout de huit mois et demi, j'étais éreinté, non seulement par Erza, mais aussi par l'ennuie qui me retrouvait à chaque coin de rue et qui me narguait.

Un soir alors que je prétextais aller me balader, prendre l'air, je me dirigeais encore une fois vers le bar miteux où j'avais l'habitude d'aller depuis près de deux mois. Comme toujours, je commandai un cocktail tout en réfléchissant ma situation. Alors, que je buvais tranquillement, je remarquai une tête blonde familière. Luxus. C'était ce qui s'approchait le plus d'un ami à l'époque où je travaillais pour l'association, trois ans plus tôt. Il me remarqua également et me rejoignit pour parler. Cet homme était très naturel mais aussi très dangereux. C'était un homme assoiffé de pouvoir, son but ultime : diriger l'association – il ne s'en cachait pas bien au contraire.
 
-     Tu as quitté l'association sur un coup de tête. Ça ne te manque pas les missions, le danger, l'adrénaline ?

-          Non. Pas le moins du monde.
 

Il semblait amusé.
 

-          Je n'en crois pas un traître mot, finit-il par avouer
 

Je restais muet et il me tendit un bout de papier que j'acceptais, méfiant mais curieux.
 

-      Tiens. C'est l'adresse de ma prochaine mission la semaine prochaine, j'aimerai que tu viennes. Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour moi. J'aimerai te revoir danser avec le diable.
 

Danser avec le diable... Je l'ai carrément épousé.
 

 
 



Erza.


Un bruit sourd. Familier. Aigu. Un bruit que j'ai su apprécier. Mais pas cette nuit-là. Pas quand je l'ai vu elle. Pas quand elle s'est interposé recevant une balle qui ne lui était pas destiné. Une balle que j'avais tirée. Alors que son corps se balançait en arrière, une vague de sentiments étranges s'empara de mon corps, le paralysant. Horreur. Culpabilité. Regrets. Remords. Incompréhension. Haine. Impuissance. Des sentiments, des émotions qui noircissaient mon c½ur, le rendant plus lourd. Plus dur.

ErzaLes jambes flageolantes, j'accourus à ses côtés. Un petit trou sombre et profond ornait le haut de son ventre. Duquel, s'écoulait un liquide rouge, visqueux, épais. Sang. Ce n'était pas la première fois que je voyais ça, mais c'était la première fois que ça me troublait autant. Je ne saurais retransmettre toutes mes pensées, tous mes sentiments. Je me souviens juste que dans ma tête tout ce bousculait. Erza. La folie s'emparait de moi petit à petit et je m'effondrais, un flot de larmes infini s'échappant de mes yeux. J'approchais ma main lentement de son corps – je ne sais pas pourquoi, je la touchai du bout des doigts ; il était froid. Sa peau commençait à pâlir. Ses yeux semblaient fatigués. Elle toussotait quelques fois.
 

-          Non, non, non, non, non... chuchotais-je, le souffle court tout en la secouant légèrement.
 

Dans un effort qui me paru presque surhumain, elle leva la main pour la poser sur ma joue. Je m'interrompis et la regarda droit dans les yeux, mon c½ur battant la chamade. Elle m'offrit un sourire. Aussi chaleureux qu'à son habitude. Erza.
 

-     J-Je suis désolé, lançais-je sanglotant, honteux, je suis désolé. Tout est de ma faute. Tout est de ma faute.

-     Chuuut, commença-t-elle faiblement, je suis au courant de tout. De l'association, des meurtres.
 

Son débit était lent, ses paroles coupées, presque inaudibles.
 

-     Quand tu as rompu avec moi, je t'ai suivi. Je t'ai vu commettre l'innommable. Tu ne t'imagines même pas à quel point j'en ai souffert. Tu m'avais menti, trahi. Je n'arrivais plus à faire confiance à personne. Je voyais des masques partout. Je pensais que tout le monde me mentait, que la terre entière était contre moi. Et puis tu es revenu comme une fleur. Et je t'ai vu comme tu étais vraiment ; un homme seul, solitaire.

 
Le sang continuait de se répandre, imbibant ses cheveux de plus s'en plus.

 
-         Je te connais par c½ur. J'ai vite compris que ton milieu était à l'origine de tout, que tu luttais au milieu de ce monde hypocrite, ennuyeux. Alors j'ai tout fait pour te prouver que je serai toujours sincère avec toi.

-          Ne parle plus.

-        Gerald, mon bel amour, ma déchirure. Je ne t'en veux pas. (Malgré tous tes forfaits, je n'ai jamais pu te haïr.) Aujourd'hui, je t'ai suivi – encore une fois – et je t'ai vu pointé ton arme sur cet homme. Si je me suis intercalé, ce n'est pas pour le sauver lui. Mais pour sauver ton âme. Tu... as fait... tant... d'efforts...

-          Non pas ça !!!
 

Ses yeux se fermaient de plus en plus.

 
-          EEERZAA !!! JE T'EN SUPLIT, RESTES EN VIE !!!
 

J'avais hurlé. Très fort. Espérant inconsciemment qu'un miracle se produise, que le peu d'espoir qu'il me restait ait une raison d'exister.
 

-          J-Je t'aime...

-          NOON ! VIS ERZA !! VIS !!!!!

-        J'aurais beau renaitre encore et encore... Fatalement, l'amour me conduira toujours... à toi... finit-elle avant que sa main ne tombe dans la flaque de sang.

 
Un bruit sourd. Souvenirs. Un cri plaintif. Folie. Et puis Rien. Vraiment plus rien. Le néant.


Erza.
 

Étendus par terre, nous n'étions plus que deux corps condamnés.
L'un par la mort. L'autre par la vie.
 

 
 
 
J'avais fini par appeler l'hôpital le plus proche, paniqué. Une ambulance arriva dans les cinq minutes qui suivirent. Une fois à l'hôpital, ils emmenèrent Erza au bloc, son c½ur battait encore faiblement mais son cas était sans espoir. Ils décidèrent de sauver le bébé en tentant une césarienne. L'opération dura quatre heures, temps durant lequel la police arriva. J'allais être condamné à vie. Ne faisant plus parti de l'association, ils m'utilisèrent comme bouc émissaire : En plus du meurtre d'Erza, j'allais être accusé d'une vingtaine autre. Par bonté ou par pitié ou tout simplement parce que mon nom de famille est Fernandes, les policiers chargés de mon arrestation acceptèrent d'attendre que je vois mon fils. Le médecin en charge de l'opération sortit du bloc pour m'informer qu'Erza n'avait pas survécu, mais que l'enfant – bien que prématuré d'une semaine – était en bonne santé et qu'il nous attendait dans une des chambre. Je me dirigeai vers celle-ci, deux policiers dans mon dos, le c½ur battant à toute allure, les yeux gonflés d'avoir trop pleurer. Une fois dans la chambre, je découvris un petit bébé en pleure. Il ne faisait pas plus de 47 centimètres. Il semblait fragile. Pendant un moment je me contentais de le regarder, j'avais trop peur qu'en le portant je le briserai. Puis je finis par le prendre dans mes bras. Et un sentiment nouveau m'envahit alors que ce petit bout de vie s'arrêtait petit à petit de pleurer, m'observant intrigué. Je le berçais, lui souriais sans m'en rendre compte. Durant le court instant où je pus le tenir dans mes bras pour la première et dernière fois, j'étais comme dans une bulle. Je me sentais ému, presque heureux, chanceux qu'il soit mon enfant et peiné qu'il ne puisse vivre sans parents. Je me suis alors souvenu, que jamais je ne lui apprendrais à faire du vélo, ou du piano, je n'assisterai pas à ses premiers pas, à ses premiers mots, ses premiers amours ; je ne serai pas là. Alors, je m'en voulu d'avoir cherché à être différent, d'avoir cherché à colorer mon monde ; il m'aurait suffit d'attendre, d'être patient. Mais finalement, peut-être était-ce mieux ainsi. J'aurais sûrement été un mauvais père. Irresponsable, incompétent. Vint le moment où je dus partir. Les policiers me menottèrent et le contact froid du métal contre ma peau me servit de prise de conscience : tout ceci était bien réel. Alors que sans espoir, je me dirigeais vers la sortie, une infirmière m'interrompit :

 
-          Vous avez oublié de lui donner un nom.

-          Gray, répondis-je sans trop réfléchir à la question.

 
       Gris parce c'est là que tout a commencé. Mon rejet de la société, mon ambition d'être différent. Gris parce que je veux qu'il ait un bout de mon histoire. Gris parce que je ne veux pas qu'il fasse les même erreurs que moi. Je veux qu'il soit comme les autres. Qu'il connaisse amour et amitié ; qu'il soit heureux.
 

▼▲▼▲▼▲▼▲▼▲
 

« Fin de l'histoire », finit par dire le professeur en refermant le vieux carnet poussiéreux.
 

Il embrassa la salle du regard et sourit face au manque de réaction des élèves. Ils semblaient tous dubitatifs.
 

« Qui est l'auteur de cet ouvrage ? Fini par demander une élève.

-          Gerald Fernandes.

-          Ce n'est pas de la fiction ? s'étonna une autre fille au fond de la salle.

-          Non. C'est un récit autobiographique.

-          Oh. C'est sa vérité seule qui nous est livré ; certains passages doivent donc être erronés.

-          Chaque événement est véridique, crois moi.

-       Vous pourriez nous donner les références du bouquin ? Comme ça, on pourra le lire en entier.

-          J'aurais bien voulu, mais malheureusement, il n'existe qu'un seul exemplaire.

-          Et c'est le votre ?! s'exclama, surpris, un élève au premier rang, pourquoi vous ? »

 
        La réaction de cet élève, provoqua un rictus chez le professeur. Il finit par prendre un air sérieux et planta son regard dans le sien, gardant un sourire en coin. Il lança alors d'une voix grave, pensant chacun de ses mots :
 

« Je suis le fils. »

FIN.
Amour et Crime ~ Lequel des deux survivra  ?
 Re - Coucou toi qui tu as survécu jusqu'à la fin.

BIM ! C'était mon premier OS concours (que j'ai gagné), mon premier OS tout court en fait. J'espère sincèrement qu'il t'as plu. 

Les thèmes que j'avais choisi pour le concours étaient : Mort et Chute. S'imposent donc les deux questions fondamentales: Qu'as-tu penser de la mort d'Erza et de la chute ? Que devrais-je changer pour les améliorer ?
Voilà. Je ne sais pas trop quoi dire, si ce n'est que j'aimerai avoir ton avis sur mon écrit. [ Par contre ceux qui ont pensé "C'est trop long", pas la peine de l'écrire - je suis au courant.]

N'oublies pas de kiffer si tu as aimer ; ça fait toujours plaisir. 

Voilou ! J'attends ton avis avec impatience. 
Love sur toi bae KISSES

Tags : OS Concours. - One Shot.

ZER∅ 30/06/2016

 
ZER∅
 écrit sur Gray Surge - Edo-Gray.
ZER∅.
par xstinglucyx
 
[STATUT : CORRIGE]
 
« Gray ! »


L'appel répété de mon prénom finit par m'extirper de mes pensées. Natsu, mon meilleur ami, me sondait, furieux. Après qu'il eut réprimandé mon inattention, je m'en excusai et le laissai continuer son récit. Pourtant, malgré mes efforts, je ne pouvais me concentrer sur ses dires. Et doucement, mon audition transforma ses bafouillages incessants en bourdonnements inaudibles. Je n'entendais plus rien, pas le moindre son, ni ses histoires de voitures, ni les bavardages bruyants de mes camarades, seulement l'écho de ma conscience. Le monde autour s'était arrêté ; une sensation à la fois plaisante et perturbante.
 
J'observai le décor coloré qui m'entourait, je voyais des amis me tendre la main sans que jamais je ne l'atteigne, je voyais mes camarades rire sans que jamais leurs éclats ne me parviennent, je voyais des visages familiers sans que jamais je ne puisse leur associer de nom. Un décor plein de vie, tandis que j'étais vide ; un être grisé au milieu de teintes colorées, l'intrus, la tâche, l'Oméga.
 
Je n'avais pas toujours été ainsi.
 
 
 
 
Le contact froid du carrelage de la baignoire contre mon dos me fit grincer des dents. Automatiquement, je me relevai. M'approchant du robinet, j'en libérai un flot d'eau bruyant, hypnotisant. Les bras entourant mes genoux, j'attendais, nu, les yeux rivés sur les petites vagues bleues et pures qui m'emprisonnaient toujours un peu plus. Lorsque finalement la chaleur de l'eau m'eut gagné, je fermai le robinet et plongeai doucement dans les quelques litres d'eau qui m'entouraient. Progressivement, ma tête s'enfonçait dans le liquide brûlant et mes genoux se pliaient, finissant hors de la petite étendue. Et je restais ainsi, luttant de tout mon poids pour ne pas remonter à la surface. Les yeux entrouverts, j'observai le plafond devenu étrangement flou, inconnu. Je remarquai vite des échos incessants, semblables à ceux d'un marteau persécutant un tuyau. Peureux comme je l'étais, ces fréquences auraient dû me faire émerger. Pourtant, je n'y prêtais aucune attention ; ce n'était qu'une bande de son qui sifflait au fond de mon cerveau. Seule la sensation de l'élément pur ceignant ma peau m'importait. Un sentiment agréable, un sentiment de plénitude. Un sentiment malheureusement éphémère puisque très vite il me fallut respirer. Je pris le pommeau et me relevai.
 
Une fois ma douche finie, je sortis de la baignoire et comme par automatisme, après avoir entouré ma taille d'une serviette blanche, je me plaçai devant mon miroir, grelottant de froid. Mon premier réflexe fut de regarder les quelques cicatrices couronnant mon bras. Elles dataient de la semaine dernière, de nos combats contre l'armée royale. Les voir me rappelait nos actes. Je me sentis soudain comme un héros et ne pus rétracter un sourire jovial. J'avais, pour la première fois depuis longtemps, goûté à l'adrénaline, à la saveur du risque. J'avais combattu avec vigueur nos ennemis, j'avais aidé à la reconstruction de la ville. Des actes nobles, des actes qui témoignaient d'un courage que je ne pensais être mien. J'étais fier, je me sentais vivant. Un sentiment revigorant qui s'estompa aussitôt que mes yeux se posèrent sur le visage renvoyé par la glace.
 
J'observai les traits qui dessinaient mon portrait sans reconnaître le héros que j'avais cru être l'espace d'un instant. Des sillons dansaient au coin de mes yeux, des poches vides et noircies creusaient mon visage, des yeux obscurcis me défiaient avec horreur. J'étais pâle, j'étais maigre, j'étais creux. Et je semblais fatigué, vieux. Je me sentais vieux. Une pensée qui m'arracha un douloureux pincement au c½ur. Au fond de moi, je le savais, j'étais fatigué de n'avoir jamais rien vécu ; ma vie était vide de sens et notre expérience passée n'avait fait qu'attiser ce sentiment qui me rongeait de l'intérieur.
 
Ne pouvant supporter l'image qui s'imposait à moi, je fermai les yeux, aussi fort que je le pouvais, espérant qu'une fois rouverts, une toute autre vision s'offrirait à moi. La vision d'un homme beau et fort, les épaules relevées, confiant et sûr de lui, le torse bombé, les yeux souriants, le teint légèrement halé, sans rides ni cernes. L'image d'un homme jeune, d'un homme vivant. L'image de mon alter-ego : Gray Fullbuster.
 
Malgré nos multiples disputes durant la courte période où lui et ses compagnons étaient à Edolas, il dégageait une telle prestance, une telle véhémence que je ne pouvais que le respecter. Il n'avait pas peur du danger. Certes, il était exhibitionniste, orgueilleux et insouciant, mais il était également gracieux, charmant, calme, fort et confiant. Il représentait tout ce que je n'étais pas. Même son nom de famille était classe comparé au mien. Je l'enviais du plus profond de mon être. Je l'enviais et le détestais à la fois. À ses côtés, j'avais compris que je n'avais encore rien vécu. Alors que ses cicatrices témoignaient d'aventures exaltantes, les miennes traduisaient simplement ma maladresse légendaire. Je me contentais d'une routine inintéressante tandis que pour lui chaque jour était source de frénésie. Je le haïssais parce qu'au fond, il était moi, mais une version améliorée de moi. Une pensée insoutenable que je tentai de fuir cette fois-ci en ouvrant les yeux.
 
 
« Nul, Ras, Risible. »
 
 
Désespoir. Voilà tout ce que je voyais. Pas de sourire, pas de confiance, pas de courage, rien. Un visage creux, dévasté, des yeux morbides ; un cadavre. Mon c½ur tambourinant contre ma poitrine, un étrange sentiment, inconnu, s'empara de moi et avant même que je n'aie pu le réaliser, mon miroir s'était transformé en mille fragments éparpillés dans la salle de bain et mon poing n'était plus qu'une masse ensanglantée. Les yeux écarquillés, la main tremblante, je tins fermement mon poignet. J'avais mal, terriblement mal. Pourtant cette douleur physique n'était rien comparée à celle que je ressentais au plus profond de moi. Tremblant comme une feuille, désespéré, je cherchai, dans les tiroirs et placards, une trousse de premier soin. N'en trouvant pas, je maudis mon incapacité à utiliser la magie. J'entrai alors dans ma sombre chambre, toujours à la recherche d'un quelconque tissu ou bandage qui pût m'aider à recouvrir le liquide rougeâtre dont la vue m'insupportait.  Je cherchai partout, dans chaque recoin, sur la commode, sur la table de nuit, mais rien. Impatient, je bouillonnais. Pris d'une fureur soudaine, je jetai le premier cadre qui tomba sous ma main. C'était une photo de Juvia, prise à son insu.
 
 
« Nul, Ras, Risible. »
 
 
Immobile, j'observai les bouts de verre au sol. Je restai ainsi quelques instants, admirant les dégâts de ma colère. Exploser le cadre m'avait étrangement fait quelque-chose. Quelque-chose de bon. Quelque-chose que je voulais ressentir encore une fois. Alors je pris le cadre décorant ma table de nuit. Je le tenais fermement, admirant la photo de Natsu et moi-même. Et doucement, je détachai mes doigts du cadre, les uns après les autres.
 
Je ne sais pas exactement ce qui se passa par la suite et je dois avouer que je ne suis pas sûr de vouloir le savoir. Tout était tellement confus. Je me souviens d'un bruit sourd et d'un frisson de plaisir provoquant en moi une putain de frénésie incontrôlable. J'avais alors détruit tout ce qui m'entourait, tout ce qui m'était cher.
 
Et des heures durant sûrement, je m'étais déchaîné sans remord, sans limite. J'avais troué les livres de Levy, j'avais cassé les cadeaux de Lucy, avais déchiré les photos les posters de Juvia, coupé les portraits de la guilde, explosé le vase de ma défunte mère, écrabouillé les recherches qui auraient permis de retrouver mon père. Tout, tout !! Je détruisais tout.
 
Je foutais en l'air mon présent, effaçais mon passé et bousillais mon futur.
 
 
Une fois essoufflé, je m'assis près de ce qu'il restait de mon lit. Alors qu'une insupportable boule se formait au fond de ma gorge, des larmes coulèrent à flots sur mes joues. Des larmes de frustration, des larmes de rage. J'étais enragé... Contre lui. Mais surtout contre moi-même...
 
« Nul, Ras, Risible. »
 
 
 
 
Allongé dans l'herbe fraîchement coupée du parc, un vent léger caressant mes joues, je tentai vainement de me changer les idées. Mais malgré le fait que mes pensées se fussent légèrement éclaircies, je ne pouvais m'empêcher de méditer sur la rage dont j'avais été habité plus tôt dans ma chambre. Cette insupportable colère qui étouffait mon chagrin au point que je n'en connaissais plus la source. Cette sensation d'angoisse infinie, l'impression de perdre le contrôle de mon propre corps. Je me souviens que mes muscles s'étaient soudainement contractés, que mes pupilles s'étaient dilatées. Je crois avoir entendu des cris stridents et rauques à la fois. Sûrement étaient-ce les miens. J'avais cette effrayante impression d'avoir quitté mon corps, de n'être que spectateur de mes actes.
 
 
« Tu es Nul. »
 
 
Doucement, alors que je ressassais les souvenirs flous de ma folie, mon pouls s'emballa et ma respiration se saccada... Mon visage blême, des palpitations parsemant mon corps, un vertige incessant, ma bouche sèche... Tout traduisait mon anxiété.
 
 
« Tu es Ras. »

 
Le Gray d'Earthland m'avait fait prendre conscience de l'être misérable que j'étais. Ma vie n'avait aucun sens. Aucun intérêt. Je ne vivais pas. Je n'avais jamais vécu et ne vivrais sûrement jamais. Une vérité épouvantable. Ma vie n'était qu'une suite de divertissements, les uns plus insignifiants que les autres. Au final, je n'étais rien. Personne. Un être éphémère.
 

« Tu es Risible. »
 
 
J'avais peur. Une peur qui me chatouillait l'estomac. Une peur impossible à réfréner. J'avais peur parce que malgré ma conscience, je ne pouvais qu'être terrorisé par cette ignoble pensée.
 
 
« Zérø. »
 
 
J'en avais marre.
J'en avais marre de ce sentiment d'impuissance, ce sentiment insupportablement frustrant qui perforait mon c½ur, de cette voix suave qui me frappait à coups de mots. Et alors que je me sentais suffoquer, j'aperçus une rivière face à moi. J'observais attentivement l'étendue lorsque le souvenir de ma baignoire me revint en mémoire. Soudain, je n'eus plus qu'une envie : ne faire qu'un avec l'eau, ressentir ce sentiment de plénitude absolue à nouveau. Et, comme attiré par la couleur claire et pure du liquide, je m'approchai doucement de l'eau avec ce désir irrépressible de faire taire la voix qui me persécutait.
 
 
Doucement, il entra dans l'eau. Mais cette fois-ci, il n'en ressortit pas... Il disparut avec pour seul témoin, la nature environnante.


Il n'existait plus.

 
FIN.
                                                                                                                                                      
ZER∅
Bello.
Je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est que j'espère sincèrement que ce one shot vous a plu. J'avoue qu'il n'a pas été simple à écrire dans le sens où le personnage choisi n'est pas vraiment un personnage que j'apprécie particulièrement. S'ajoute à cela, le fait qu'il n'apparaisse pas énormément dans le manga - ça avait des avantages mais surtout des inconvénients. Cela n'empêche que j'ai beaucoup apprécié écrire ce petit one shot de 1700 mots. Je vous fais un gros bisou et j'attends vos avis avec impatience.    Yassou 
                                                                                                                            

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